Dans l’horreur, la lumière et la prière

Mercredi 20 juillet, nous nous sommes rendus a Auschwitz, lieu de mémoire et de recueillement, puis au cœur même de la foi polonaise, Notre Dame de Czestochowa.

Auschwitz… dans le cadre de nos JMJ en Pologne, pays martyr par son Histoire, nous ne pouvions pas ne pas nous rendre dans ce lieu de mémoire. Pourtant, le contraste peut être saisissant entre la joie qui est la notre et la détresse des victimes de la barbarie.

Notre première approche est pourtant effrayante de banalité. Il est difficile de se rendre compte de ce qui a pu se passer dans les lieux. De beaux bâtiments en briques rouges, entourés d’arbres et de pelouse soigneusement taillée, des milliers de jeunes du monde entier. Quelle déconnexion entre ce que ce lieu a été et ce qu’il est aujourd’hui ! Prendre conscience de l’horreur est difficile.

En arrivant sur le second camp, Birkenau, à quelques kilomètres de là, les choses changent. Une grande voie ferrée, à sens unique, des bâtiments encore détruits, des photos d’individus jeunes et rayonnants. Comme nous. 20 000 personnes par jour fauchées en pleine vie par la folie humaine. L’oeuvre de déshumanisation et de mort du nazisme contraste avec cette volonté de rendre leur dignité aux victimes. Des témoignages, tel celui Saint Maximilien Kolbe, mort de faim au bloc 11 pour sauver la vie d’un père de famille, nous rappellent que même dans l’Horreur, l’amour infini sans contrepartie, le sacrifice, existe encore. Là où l’on veut nier l’existence même de Dieu, là où l’espoir n’est plus permis, l’Amour se fraye un chemin.
Nous avons vécu cette visite dans un climat d’émotion et de recueillement. Avant de quitter ce lieu chargé de mémoire, nous prions ensemble le Notre Père : nous écoutons d’abord le Père William-Marie le réciter en hébreu puis laissons s’élever notre prière en français pour tous les hommes, enfants d’un même Père, autant les victimes que les génocidaires. Comment avancer sur le chemin du pardon ?

Pour continuer notre pèlerinage sur une note plus lumineuse, nous partons au sanctuaire de Notre Dame de Czestochowa. Sur place, nous retrouvons le diocèse d’Avignon. Un temps en fraternité nous permet de réfléchir et d’échanger sur la place du mal dans l’humanité. Le mal est présent, mais il ne vient pas de Dieu, qui souffre avec nous. La messe est célébrée à l’autel au pied de l’icone de la Vierge de Jasna Gora. Nous lui confions nos difficultés de la journée, ainsi que les intentions que nous portons. Le Pape François est attendu sur place la semaine prochaine. Après un pique-nique convivial, nous allons dormir, pour une nuit réparatrice. Baudouin de Russé et Joris Numa

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