Jean XXIII

Angelo Roncalli : Un pape du XXème siècle, un Saint pour le XXIème

Le 27 avril prochain le pape Jean XXIII sera canonisé par le pape François. Ce pape « de transition » a changé le visage de l’Eglise et l’a conduite à vivre en accord avec son temps afin de porter le message de l’Evangile à une société en constant bouleversement.

Lorsque la fumée blanche s’éleva de la cheminée de la chapelle Sixtine le 28 octobre 1958, parmi les nombreux pronostics lancés par les vaticanistes, le nom d’Angelo Roncalli, patriarche de Venise, n’avait pas été avancé. Âgé de 77 ans, on évoqua rapidement l’idée de « pape de transition » après le long pontificat de Pie XII. Contre toute attente Jean XXIII annonce son intention de convoquer un concile œcuménique, c’est-à-dire la réunion des successeurs des apôtres présents sur toute la surface de la terre. Le « bon pape Jean » pratique une communication simple et de compréhension aisée, lorsqu’un prélat étonné de la convocation du concile demanda les objectifs de l’événement, le pape se leva, ouvrit la fenêtre est dit « A faire rentrer un peu d’air frais dans notre Eglise ».

La bonhommie du Pape Jean ne doit pas faire oublier que celui-ci fut un homme d’action au service de l’Eglise. Toutes ses initiatives furent fondées sur l’Evangile et la volonté de répondre aux valeurs portées par l’Eglise. Né dans une humble famille de paysan lombard, Angelo Roncalli est le quatrième des quatorze enfants de cette famille catholique. Durant sa formation au séminaire, il fut marqué par les enseignements sociaux du pape Léon XIII dénonçant les abus respectifs du capitalisme et du socialisme collectiviste.

Angelo Roncalli fut rapidement remarqué pour ses talents de diplomate et son calme, il fut alors envoyé comme représentant du Saint Siège en Europe du Sud-Est, notamment en Turquie où durant la seconde guerre mondiale il vint en aide aux juifs pourchassés par les nazis, affirmant qu’il était naturel de soutenir « les cousins et les compatriotes de Jésus ».
Grâce à ce sens de la diplomatie, le bon pape put rayonner auprès des catholiques et des non croyants. Privilégiant le contact avec les autres il reconnaissait en chacun l’image du Christ. Malgré les critiques d’une partie de la curie, il accueillit un certain nombre de non croyants et d’athées rappelant que « lorsqu’on frappe à ma porte je l’ouvre ».

Jean XXIII montra tout au long de sa vie et de son pontificat une attention chaleureuse et paternelle pour tous ceux qui attendaient un geste de sa part. Le soir de l’ouverture du Concile Vatican II, il s’adressa spontanément à la foule rassemblée sur la place St Pierre par ces quelques mots :

« Chers Fils, j’entends vos voix. Je n’ai quant à moi qu’une voix, mais elle récapitule toutes les voix du monde. Ici le monde entier est représenté. On dirait que la lune elle-même est venue en hâte, ce soir, pour regarder ce spectacle, que la basilique Saint-Pierre, qui pourtant a quatre siècles d’histoire, n’avait jamais pu contempler. Ma personne n’a aucune importance, ce n’est qu’un frère qui vous parle, devenu Père par la volonté de Notre Seigneur. Tous ensemble, fraternellement, par la grâce de Dieu, honorons la grandeur de cette soirée.
Que nos sentiments soient toujours comme nous les exprimons en ce moment, devant le ciel comme devant la terre : foi, espérance, charité, amour de Dieu, amour des frères…
En rentrant chez vous, vous trouverez vos enfants, faites-leur une caresse, et dites-leur : ‘C’est la caresse du Pape.’ Vous trouverez quelques larmes à essuyer…. Dites une parole de bonté : ‘La Pape est avec nous, tout spécialement pendant les heures de tristesse et d’amertume.’ »

Jean XXIII reste dans le cœur de beaucoup de catholiques car il représente la volonté bienveillante de l’Eglise de se réformer perpétuellement afin de transcrire le message du Christ pour une société en mutation constante.

Philippe V.

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