Message de Pâques

« La certitude personnelle d’être infiniment aimé est au cœur de la vie à la suite de Jésus. »

Voici presque quarante jours que nous préparons nos cœurs à fêter la résurrection de Jésus. Nous vous souhaitons de très joyeuses fêtes de Pâques et vous invitons à lire le message de notre Évêque.

Votre peine se changera en joie (Jn 16, 20)

Dans son Exhortation apostolique sur la Joie de l’Évangile, aussitôt après avoir affirmé qu’il y a des chrétiens qui semblent avoir « un air de carême sans Pâques », le Pape François reconnaît que la joie ne se vit pas de la même façon dans toutes les circonstances de la vie, qui sont parfois très dures.

Elle ne peut pas être superficielle en effet, la joie de Pâques pour nos frères chrétiens persécutés, pour les personnes atteintes par les catastrophes et les tragédies de l’actualité récente. Elle ne peut s’exprimer avec exubérance, la joie des personnes trahies ou abandonnées ou encore celle des familles angoissées par la disparition ou la maladie d’un être cher.

Il ne s’agit pas d’optimisme ou de pessimisme. Face à l’irréversible, l’évocation des cycles de la nature, l’alternance des saisons, ou celle des jours et des nuits est de peu de secours. Car à l’été succédera un nouvel automne et le jour laissera place à une nouvelle nuit. La fête de Pâques en revanche célèbre l’action de Dieu : face à l’impossible il ouvre une issue imprévisible.

Comme à travers la mort advient une création nouvelle. Le peuple de Dieu poursuivi par l’armée de Pharaon traverse la mer à pied sec, dit le récit biblique. Et le Christ ressuscité ne meurt plus, sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir, témoignent les apôtres (Rm 6, 9).

À la veille de sa Passion Jésus a donné à ses disciples sa paix et leur a promis sa joie qu’il a comparée à celle de la femme qui enfante (Jn 16, 21). Dans la confiance totale à l’égard de son Père, il est sûr de la puissance de sa parole, de la force de son pardon, de la fécondité de son Esprit. Il ne désespère pas de nous pas plus qu’il n’a désespéré de Simon-Pierre. Il connaît notre faiblesse, mais il incarne ce que saint Paul nous dit de l’amour : l’amour prend patience, il espère tout, il fait confiance en tout, il endure tout, l’amour ne passera jamais (1 Co 13).

La certitude personnelle d’être infiniment aimé est au cœur de la vie à la suite de Jésus. Elle suscite, dit le Pape, une confiance secrète mais ferme, même au milieu des soucis. Que cette conviction de foi s’affermisse donc en nous et nous éclaire toujours davantage ! Qu’elle se propage en même temps que l’annonce inouïe de la résurrection de Jésus, pour la gloire du Père et le salut du monde !

Nîmes, le 31 mars 2015

+ Robert WATTEBLED
Evêque de Nîmes

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