Message de Pâques

Voici le message de notre Évêque pour Pâques.

« Miséricordieux comme le Père »

En ce temps de la Passion et encore au long du temps pascal, la miséricorde du Seigneur continue de nourrir notre méditation, notre prière, notre démarche jubilaire. En tournant les yeux vers le Crucifié, chacun peut dire avec saint Paul : « Il m’a aimé et s’est livré pour moi ».

Dans sa vie publique Jésus a manifesté la miséricorde du Père, sa proximité envers l’homme malade, éprouvé, mis à l’écart, mal considéré, pécheur. Maintenant il partage le sort de ceux qui souffrent injustement, de ceux qui disparaissent prématurément, des victimes de complots et de machinations iniques, de ceux qui sont persécutés pour leur foi. Lui, l’innocent est l’objet d’une injustice sans égale. La croix témoigne de la force du mal à son égard, elle témoigne de la force de son amour à notre égard.

Près de 2000 ans plus tard, le Christ souffrant laisse rarement indifférent. Un recueillement respectueux fait reconnaître la grandeur de son attitude, sa fidélité au don désintéressé de lui-même, sa proximité avec les plus méprisés. Nombreux sont ceux qui reconnaissent l’humanité profonde de ses sentiments et de son attitude.

Mais le mystère du Calvaire inspire bien davantage au chrétien : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique … » (Jn 3, 16). « L’amour divin ne recule pas devant l’extraordinaire sacrifice du Fils en vue de rendre les hommes semblables à lui, a écrit saint Jean-Paul II. Croire en un tel amour signifie croire dans la miséricorde. Elle est comme son deuxième nom. Elle est en même temps la manière propre dont il se révèle et se réalise pour s’opposer au mal qui est dans le monde, qui tente et assiège l’homme, s’insinuant jusque dans son cœur et peut le faire périr ».

Miséricordieux comme le Père, le Fils porte sur ses adversaires son regard inspiré par l’Esprit. Il souffre et meurt des conséquences du péché mais il ne veut pas la mort du pécheur. Il n’a pas recours à l’épée ni à l’intervention de légions d’anges. Il n’appelle pas le feu du ciel sur ses ennemis. Miséricordieux et patient comme le Père, il prie pour la transformation de leur cœur. Décentré de lui-même, il s’en remet à son Père qui, du mal qui l’écrase, fera surgir la résurrection et la vie.

« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume … Celui-ci était réellement un homme juste … » (Lc 23, 42 et 47) Déjà la confiance du Bon Larron et la déclaration du Centurion témoignent de la puissance de la Passion de Jésus et anticipent le dynamisme de sa résurrection. Ses disciples, eux aussi, devront être miséricordieux comme le Père. Pécheurs pardonnés et recevant eux-mêmes la mission de réconcilier les pécheurs, ils se laisseront façonner et conduire par l’Esprit consolateur, l’Esprit de miséricorde.

Puissions-nous en ces fêtes pascales mieux accueillir l’Esprit du Seigneur ! Qu’il renouvelle la face de la terre !

Nîmes, le 14 mars 2016

+ Robert WATTEBLED
Evêque de Nîmes

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