« Mes pas dans ceux du père Marie-Eugène »

Perceval témoigne

Le 19 Novembre, le père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus sera béatifié à Avignon. La vie et le message de cet homme de foi, né en 1894 et mort en 1967, peuvent nous toucher et nous guider aujourd’hui encore. Perceval, 22 ans, originaire du Gard, témoigne de son chemin avec le Père Marie-Eugène.

J’ai encore beaucoup à en apprendre, je me réjouis cependant d’avoir approché peu plus le mystère de l’Esprit Saint en me mettant sur les traces du père Marie-Eugène…

Oui, de l’Esprit Saint, car le père Carme disait lui-même : « Toute ma vie a été basée sur la découverte de l’Esprit Saint. Je l’appelle mon ami, et je crois que j’ai des raisons pour cela. »

Né dans une famille de mineurs aveyronnais, Henri Grialou, séduit par les deux Thérèse et saint Jean de la Croix, s’est vite senti des affinités avec la spiritualité du Carmel, qui place la fidélité à Marie comme un pilier de la vie spirituelle et un écho harmonieux à la présence de l’Esprit Saint. La vie du Bienheureux n’aura de cesse d’incarner cette spiritualité au quotidien, et c’est, pour moi qui ai fait le choix de cheminer selon l’esprit carmélitain, une vraie source d’inspiration. Le Père Marie-Eugène me donne par exemple de précieuses clés pour apprendre à « apprivoiser » l’Esprit Saint.

Car il n’est pas toujours évident où doit nous mener l’Amour de Dieu : « L’Esprit Saint demande beaucoup de choses, il nous contrarie… Toute ma vie il m’a déconcerté, il n’a jamais fait ce que j’ai voulu, c’est plutôt le contraire et je crois qu’il continue. Je partais, je croyais à une route droite et puis… Il fallait s’arrêter pile, tourner à droite ou à gauche… ».

Pour moi jeune chrétien, il est rassurant « partager » avec le Père Marie-Eugène cette expérience d’un Esprit Saint « importun », et encore plus bénéfique de profiter la lecture que le Carme livre à ce propos : « Nous avons besoin que Dieu brise le cadre pour comprendre qu’il peut être autre chose », dira-t-il en 1942.

Le père Carme m’inspire aussi par son pari osé de croire que la spiritualité du Carmel pouvait être vécue en toute plénitude et en toute cohérence par des laïcs. En fondant l’Institut Notre Dame de Vie, le Père Marie-Eugène propose une voie pour enraciner sa vie quotidienne en Dieu, et le succès de l’institut redit toute la modernité que contient le message de l’Eglise : donner sa vie à Dieu, c’est vrai même au cœur des mondes professionnels !

Cette soif de Dieu, c’est aussi celle que nous exprimons à l’église en chantant, parfois en reprenant les mots même du Bienheureux : « Je veux voir Dieu, je veux contempler mon Sauveur, je veux puiser à sa lumière la joie infinie de mon cœur ». Je souhaite que cette soif de Dieu me soit transmise pour pouvoir à mon tour faire l’expérience de cet « Esprit Saint qui nous saisit, nous lie à tous les mouvements, toutes les aspirations de l’Amour qu’il est lui-même dans le sein de Dieu. »

Voilà pour finir quelques uns de ces mots en lesquels je trouve de la force pour continuer ma route de chrétien et me souvenir quelle ambition porte Dieu pour chacun de nous  :  » Il est dangereux à notre époque d’être des saints à moitié, d’abdiquer un idéal qui nous est présenté. On pouvait croire autrefois que la sainteté était réservée à certaine catégories, à certaines âmes, à l’état religieux : actuellement la sainteté doit déborder, pénétrer dans toutes les âmes, dans la masse, dans tous les états. Elle s’impose non seulement à l’état religieux, à l’état de perfection, mais à la vie dans le monde. « 

Perceval MINEAU

Pour en savoir plus sur la vie du Père Marie-Eugène ou sur la béatification du 19 novembre :http://pere-marie-eugene.org/.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *