Vendredi Saint : Les condoléances de l’Imam…

Les condoléances de l’Imam.

Chaque année, cette communauté monastique allemande reçoit un courrier bien sympathique. L’imam de la grande ville voisine écrit un petit mot de sympathie et de condoléances aux soeurs, en ce jour de la mort de Jésus, jour consacré à sa mémoire. Il rappelait aussi que « Issah »(Jésus ndlr) était aussi considéré comme un prophète par les croyants de l’Islam.
Une des soeurs du monastère de Mariendonk me confiait combien elle était touchée de cette délicatesse fraternelle dans le dialogue interreligieux tout en se disant aussi perplexe : en effet, si le Vendredi saint est bien le jour de la Mort du Christ, la douleur et la peine de ceux qui ont mis leur foi dans cet homme ne s’arrêtent pas à ce jour.

C’est oui ou rien : travaux pratiques d’anatomie à la Faculté.

Début des années 60 à la fac de médecine de Paris. Ce semestre,commencent les travaux pratiques d’anatomie au sixième étage de la faculté. Le malaise des étudiants est « palpable ». A 22 ans, elle s’apprête à suivre le cours et découvre ce qui est caché sous ces draps blancs. Il avait manifesté sa volonté de « donner son corps à la science » et voilà ce corps cireux, devant elle, qui ne se sent pas du tout d’incarner « La Science » du haut de ses 21 printemps. Une question lui transperce le coeur encore plus vite que l’esprit : « Je crois à la résurrection des corps » comme l’annonçait la phrase gravée en latin au pourtour du porche de la chapelle de l’hôtel Dieu « ego sum resurrectio et vita si quisquis credit in me etiam si mortuus fuerit etiam vivet » (je suis la résurrection et la vie si quelqu’un croit en Moi, même si est mort il vivra. A cet instant, c’est oui ou c’est rien : l’exigence intérieure se fait de plus en plus vive. Cette Foi chrétienne qui l’anime, c’est pour de vrai ?

Oui à la croix ?

Ces deux histoires vécues se rejoignent pour poser une question essentielle : Jésus mort et ressuscité, c’était (c’est ?) à prendre ou à laisser, pour un Oui, pour un zut.

L’espérance que tous ceux qui l’ont suivi mettent en Jésus n’a pas été déçue : celui qui s’est désigné en disant « Je suis le chemin, la vérité et la vie » n’est pas resté prisonnier du tombeau. Dans la Foi, le chrétien affirme que Jésus le Christ est mort crucifié, qu’il a enduré les souffrances de la passion et connu la mort. Il témoigne aussi, à la suite de tous ceux qui ont témoigné du Christ après Pâques qu’Il est vivant. « Le Christ, ressuscité des morts ne meurt plus, la mort n’a plus sur lui aucun pouvoir » dit Saint Paul (Rm 6,9 ) .

Mais alors, il faudrait savoir, tout de même … Cette tête de carême , cette culpabilité qui semble ronger les catholiques si on en croit leur image médiatique, est-elle de saison ou pas ? Porter une croix autour du cou peut sembler assez « fashion » dans certains milieux aujourd’hui, mais on peut aussi rappeler que les chrétiens ont mis plusieurs dizaines d’année à accepter de représenter la croix, signe d’infamie et de mort horrible, cette mort du condamné qui frappe les esprits et « sert d’exemple ». Petit à petit, il leur a fallu, comme à nous, apprendre à regarder la croix comme le signe de l’amour de Dieu pour les hommes. Un amour fou qui va jusqu’au bout, même si le prix à payer semble déraisonnable. Et cet amour là ne pouvait rester prisonnier du tombeau.

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